Le mercredi 19 août 2026, à la mairie de Kolda, les résultats de l’étude monographique du Pôle territoire Sud ont été présentés aux acteurs territoriaux et validés à l’occasion d’une réunion du Comité régional de développement (CRD).
Organisée par le Programme d’Accélération de la Compétitivité et de l’Emploi (PACE), en partenariat avec l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT), cette journée a débuté par une réunion de cadrage avec le gouverneur de la région, avant de se poursuivre par un atelier de partage des résultats de l’étude monographique.
Cette rencontre a constitué une étape importante dans le processus de cartographie du secteur privé et des chaînes de valeur du Pôle territoire Sud. Elle a notamment permis de renforcer la concertation entre les acteurs territoriaux et de mettre en évidence la nécessité de mieux impliquer le secteur privé dans le développement des activités économiques du territoire.
L’étude monographique : mieux comprendre les réalités du territoire
Réalisée par l’ANAT, à travers ses Directions du Développement territorial et des Travaux géographiques et cartographiques, l’étude s’est appuyée, dans un premier temps, sur une mission de terrain, conduite du 18 au 21 avril 2026, dans les trois régions du Pôle. Cette mission a permis de dresser un état des lieux articulé autour de plusieurs thématiques :
- l’historique et l’évolution administrative ;
- l’environnement et les ressources naturelles ;
- le développement humain ;
- la dynamique démographique et spatiale ;
- les besoins sociaux et les conditions de vie ;
- le système productif, avec un focus sur les filières porteuses de l’économie endogène du pôle.
Cette lecture d’ensemble relie l’économie à son environnement : ressources, population, besoins sociaux et conditions de vie forment le contexte dans lequel se développent les activités productives.
Une concertation qui débouche sur la validation des résultats
L’atelier de restitution de la monographie du pole territoire Sud à Kolda devait réunir une centaine de participants : représentants du PACE et de l’ANAT, services régionaux et déconcentrés de l’État, collectivités territoriales, organisations professionnelles et interprofessionnelles, société civile et médias. Elle visait à partager les résultats de l’étude et à recueillir les observations des acteurs pour conforter la qualité et la crédibilité du rapport.
Au terme des échanges, les résultats ont été validés par les acteurs territoriaux. Ami Mar, consultante du PACE, a indiqué lors de l’atelier que les travaux ont permis de mieux cerner les atouts et les opportunités du territoire. Selon elle, l’analyse des données révèle d’importantes potentialités dans la région de Kolda, qui restent à exploiter pleinement, notamment par le secteur privé.
Une recommandation en est issue : amener le secteur privé à mieux s’impliquer dans les activités économiques du territoire, afin de favoriser la valorisation des ressources locales et de créer les conditions d’une croissance durable et inclusive.
De l’étude monographique à la cartographie du secteur privé
Le diagnostic territorial est le point de départ de la cartographie du secteur privé et des chaînes de valeur. En identifiant les filières qui portent l’économie du pôle, les résultats de l’étude oriente le travail de documentation du tissu économique, de caractérisation des différentes chaînes de valeur et des acteurs clés.
Pour le Dr Aboubakry Gollock, directeur du Développement territorial de l’ANAT, la validation des résultats de l’étude ouvre désormais la voie à la poursuite du processus. L’objectif, a-t-il expliqué, est de créer des dynamiques économiques au service du développement de la région de Kolda et du Pôle territoire Sud.
La doctrine du Pôle Sud : une intégration économique sans polarisation
Les concertations régionales ont fait ressortir un constat partagé : malgré ses importantes ressources agro-sylvo-pastorales, le Pôle Sud peine à valoriser localement ses richesses. Une grande partie de sa production quitte le territoire à l’état brut, limitant ainsi les retombées économiques locales et le développement d’activités industrielles de transformation.
Pour pallier à cette situation, les délibérations ont posé un constat unanime : l’intégration du Pôle Sud ne doit en aucun cas reproduire la macrocéphalie nationale. Ziguinchor ne saurait capter seule la valeur ajoutée issue des terres et des bras de Sédhiou et de Kolda. La stratégie de développement du Pôle Sud reposerait sur une géographie de la réciprocité, fondée sur la complémentarité des trois régions et la mutualisation de leurs atouts. Dans cette dynamique, Sédhiou serait appelée à se doter d’infrastructures permettant la transformation locale de ses productions fruitières, rizicoles et aquacoles. Kolda valoriserait davantage son potentiel agricole et pastoral à travers le développement de filières structurées autour du lait, de la viande et de la transformation industrielle des céréales, notamment en semouleries. Ziguinchor, quant à elle, mettrait à profit ses infrastructures stratégiques (port de commerce, aéroport international, universités et réseaux bancaires) pour renforcer la compétitivité de l’ensemble du Pôle Sud.
Des perspectives pour le développement économique territorial
Avec cette étude, les autorités et les acteurs territoriaux disposent d’un outil d’analyse destiné à mieux orienter les politiques et les investissements. Le défi est désormais de transformer les potentialités identifiées en projets concrets, en emplois et en opportunités économiques pour les populations de la région de Kolda.