Le 18 août 2026, à Sédhiou, à la Chambre des métiers et sous la présidence du Gouverneur de région, le Programme d’accélération de la compétitivité et de l’emploi (PACE) et l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT) ont partagé les conclusions du rapport provisoire de l’étude monographique du Pôle territoire Sud. Cette concertation s’inscrit dans la démarche de cartographie du secteur privé et des chaînes de valeur du Pôle territoire Sud.
Une concertation inclusive pour poser le diagnostic
La journée de restitution a débuté par une séance de cadrage institutionnel à la Gouvernance, avant de se poursuivre en plénière à la Chambre des métiers de Sédhiou. Placée sous l’autorité du Gouverneur de région, M. Diadia Dia, la rencontre a mobilisé l’ensemble de l’écosystème territorial autour des équipes de la Task Force Compétitivité du PACE et des experts de l’ANAT. Les Préfets des départements de Sédhiou, Bounkiling et Goudomp, les exécutifs territoriaux, l’Agence régionale de développement (ARD), les services techniques déconcentrés, les chambres consulaires, les organisations paysannes, les groupements féminins et les dirigeants de PME ont activement pris part aux échanges.
Cette forte mobilisation traduit la volonté de privilégier une démarche participative plutôt que descendante. Selon le Gouverneur Diadia Dia, cet état des lieux doit servir de levier opérationnel pour orienter les investissements publics et privés, sécuriser les prises de décision et conduire le tissu productif local vers un palier supérieur de compétitivité.
Un potentiel agricole d’exception face au défi structurel de la valorisation
Conduite par les directions spécialisées de l’ANAT à l’issue d’enquêtes de terrain approfondies, l’étude dresse un état des lieux des atouts naturels et des dynamiques socio-économiques du pôle. Ses conclusions réaffirment la vocation nourricière et marchande de Sédhiou : plateaux fertiles du Pakao et du Balantacounda propices à l’arboriculture (mangues, agrumes, anacardiers), vallées favorables à une riziculture intensive, fleuve Soungrougrou offrant d’importantes opportunités aquacoles. Toutefois, ce potentiel se heurte à un goulet d’étranglement majeur : Sédhiou produit abondamment mais transforme très peu. Les récoltes quittent massivement la région à l’état brut vers Dakar, Ziguinchor ou les pays frontaliers, privant les communautés locales de l’essentiel de la valeur ajoutée. M. Moussa Sall, consultant de la Task Force du PACE (ministère[S1] de l’Économie, des Finances et du Plan), a mis en lumière la fragilité qui en résulte : « À ce jour, aucune entreprise locale ne franchit le seuil des deux milliards de francs CFA de chiffre d’affaires. À l’échelle du Pôle Sud, l’urgence est manifeste : à peine 3 % des mangues font l’objet d’une valorisation industrielle et près de 40 % de la valeur économique de l’anacarde s’évapore avec l’exportation de la noix brute non transformée. »
Transformer sur place : l’impératif d’une captation locale de la valeur
Face au déficit d’investissements productifs et à l’enclavement de certains bassins de collecte, les acteurs réunis à Sédhiou ont fait de l’industrialisation de proximité une exigence prioritaire. Ils ont plaidé pour l’implantation rapide d’unités modulaires de séchage, de conditionnement et d’extraction de jus de fruits à Sédhiou, Bounkiling et Goudomp, reliées à des chambres froides solaires réparties dans les terroirs afin d’enrayer les pertes après récolte.
Les participants ont également souligné l’importance de la fiabilisation et de l’actualisation régulière des statistiques sectorielles. Disposer de données territoriales fiables est la condition sine qua non pour lever certains blocages auprès des établissements bancaires et mobiliser des investissements privés pérennes.
De la monographie à la cartographie : l’appui ciblé aux entreprises remarquables
L’étude monographique constitue ainsi une première étape essentielle pour mieux connaître les filières porteuses et analyser leur potentiel économique. La phase suivante, engagée par la Task Force Compétitivité du PACE, portera sur la cartographie du secteur privé et des chaînes de valeur afin de recenser les acteurs de la production et de la transformation, d’identifier les goulots d’étranglement et d’activer des leviers d’appui ciblés.
C’est dans ce prolongement que le PACE a également présenté la démarche de sélection des « entreprises identités remarquables ». À la demande des participants à l’atelier de Sédhiou, la sélection des entreprises remarquables devra intégrer non seulement les entreprises formelles, mais aussi les PME dites informelles. La feuille de route opérationnelle prévoit la finalisation des études par l’ANAT, la mise en place de comités régionaux de sélection présidés par les gouverneurs, le lancement d’appels à projets territorialisés et la signature de conventions d’investissement et de financement avec le PACE.